3 ans après son sacre à RFI Challenge App Afrique, Raïssa Banhoro rêve de transmettre son savoir à la génération future (PORTRAIT)

 

Trois ans après son sacre au prix "RFI Challenge App Afrique" l'Ivoirienne Raïssa Banhoro, conceptrice de l’application "Lucie", un outil d’alphabétisation, a décidé d’entreprendre dans le domaine de la formation afin de transmettre son savoir aux générations futures, participant ainsi à la réduction du chômage en Côte d’Ivoire.

"Transmettre mon savoir, ma vision, l’amour pour le travail bien fait, c’est ce qui m’a encouragé à entreprendre dans le domaine de la formation", confie  miss Banhoro, la trentaine, après avoir éprouvé des difficultés à recruter des collaborateurs.

Dans l’énorme bâtisse qui abrite les locaux d’Ivoire Geek School, l’un de ses établissements, des apprenants concentrés chacun sur son ordinateur, finalisent des projets d’entreprises.

Situé à Angré, un sous quartier de la commune chic de Cocody, l’admission se fait sur la base d’un test, pour "déceler la motivation et la disponibilité" du candidat titulaire au moins du baccalauréat pour une formation de sept mois.

"Il y a beaucoup de diplômés qui sortent des écoles d’ingénierie ou des établissements d’informatique qui ne peuvent pas faire le minimum, déplore-t-elle, avant d’estimer que cela est "fragilisant" pour les entreprises.

Cette ingénieure en sciences informatiques, déclare avoir appris à aimer les technologies de l’information et de la communication (TIC), après avoir été réorientée en  informatique par ses géniteurs qui évoquaient "un domaine d’avenir", suite à la fermeture des universités publiques, en raison de la crise postélectorale de 2010.

Parallèlement à ses études,  la jeune dame passionnée de musique française et religieuse, effectue des stages de perfectionnement pour avoir "beaucoup plus de chance "de décrocher un emploi."

En 2015, pendant sa 3e année d’ingénierie, elle participe au concours du meilleur développeur d’application ivoirien, qu’elle remporte haut les mains avec son application "Lucie", ce qui lui ouvre "beaucoup de portes."

"Je me disais que si j’étais meilleur développeur, cela allait m’apporter de la visibilité en tant que femme dans le domaine du numérique, déboucher ensuite sur des propositions d’emplois", relate avec fierté la conceptrice d’application, focalisée sur la recherche des solutions plutôt que les problèmes.

Consciente que "rien ne s’obtient facilement dans la vie", Raïssa Banhoro  avoue avoir été confrontée à des "problèmes de genre à ses débuts.

"A la base pour une femme dans le métier, tu vas devoir prouver que tu as la compétence, tu es excellente dans ce que tu fais, à un certain moment cela dévient épuisant, maintenant ça va", témoigne la jeune dame célibataire et sans enfant.

Avec "Lucie",  le projet phare avec lequel elle remporte le prix RFI challenge Africa en 2017 qui a "boosté" sa "carrière d’entrepreneure", elle bénéficie d’une formation et obtient des moyens financiers pour se "lancer" et être "assez autonome".

Casanière et férue de couture, la jeune dame remporte d’autres distinctions, dont le deuxième prix d’excellence de la vulgarisation des TIC en 2018, une reconnaissance de l’Etat ivoirien qui l’a " toujours" soutenu dans ses "différentes initiatives."

Pour l’heure, Raïssa "reste concentrée sur la croissance" de ses entreprises et "ne travaille pas sur des produits innovants"; puisque son application en service dans plusieurs organisations "se comporte bien".

Perpétuellement à la recherche de nouvelles opportunités, elle n’hésite à investir dans plusieurs activités.

Son assistant Patrick Assemian,  la décrit comme "une femme dynamique, entreprenante qui a réussi à s’imposer dans un monde où les hommes, sont surtout mis en avant."

Elle a su s’entourer de collaborateurs "vraiment dynamiques" pour lancer son école de formation aux métiers du numérique, facilitant ainsi l’insertion professionnelle de nombreuses personnes sans grande connaissance dans le domaine, atteste Assemian.

"Sociable et facile à vivre", l’assistant de Raïssa Banhoro déclare n’avoir pas à se "plaindre" de leur collaboration, la jeune dame faisant preuve de rigueur dans le travail.

 

Anselme BLAGNON

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