A Abidjan, plus de 5.000 militants du RHDP pleurent Gon Coulibaly, "Le lion", fauché par la mort (REPORTAGE)

Dans la tristesse et le recueillement, plus de 5.000 militants du Rassemblement des Houphouëtistes pour la paix (RHDP, parti au pouvoir), se sont rassemblés mercredi au parc des sports de Treichville (sud d’Abidjan), pour rendre un dernier hommage à Amadou Gon Coulibaly, "Le lion" (surnom), porte étendard à la présidentielle ivoirienne du 31 octobre, décédé à 61 ans d’une crise cardiaque.

"Eéh Amadou, Amadou est parti…", soupire, inconsolable une dame, la soixantaine, toute de blanc vêtue, le visage bouffie et les yeux embués de larmes.

Ses voisines proches tentent de la réconforter mais n’y parviennent pas, elles aussi prises de chagrin de voir M’nan (maman en bambara) pleurer ainsi à chaudes larmes.

Peu avant 8 H 00 du matin (heure locale GMT), l’enceinte du parc des sports grouillait de monde. hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, majoritairement vêtus de tee-shirt blancs à l'effigie de l’illustre disparu, pancartes à la main n’ont pas voulu se faire compter ce pénible événement.

Bien qu'un dispositif de vaporisation était installé à l'une des deux entrées du parc des sports, il était difficile de respecter srupuleusement les mesures barrières de lutte contre la maladie de Covid-19 entre autre la distanciation physique, même si le masque était porté par la plupart des participants, encore faillait-il le mettre convenablement.

Gon Coulibaly est décédé quelques heures après avoir dirigé le Conseil des ministres du 8 juillet, moins d'une semaine après son retour d'un séjour de deux mois en France pour des problèmes de santé.

"Adieu AGC (Amadou Gon Coulibaly)", pouvait-on lire au dos des tee-shirts fièrement portés, malgré la douleur qui les étreignait.

Un groupe de jeunes, le visage éteint, la main retenant le portrait papier de l’ex-locataire de la primature sur la poitrine, les pas lents et pesants, marchait d’un bout à l’autre, marmonnant quelques paroles indicibles.

Il est 10 H 15 lorsque le véhicule du couple présidentiel Alassane et Dominique Ouattara fait son entrée en présence de sa veuve, Assétou Gon Coulibaly, de ses enfants et de sa grande famille.

La voix alitée du président dont le visage affichait peine et détresse a cependant su retourner le "M. le président, je vous aime" de AGC, le 2 juillet lors de l’accueil en grande pompe de tous les cadres du parti à son retour de France, à l’aéroport Félix Houphouët Boigny.

Avant lui, quelques figures du parti se sont succédé pour témoigner leur douleur face à la foule contristée, qui n’a pu se retenir devant le "Amadou où es-tu ?" du directeur exécutif du parti, Adama Bictogo qui a fait éclater en sanglots plus d’un.

"C’est un grand choc, nous regardons Allah, il sait ce qu’il fait", lâche Abdoul Fofana, les mains moites, les yeux cachés derrière de grandes lunettes de soleil, blouson et casquette qui empêchent de le reconnaître, comme s’il voulait se barricader dans cette lourde épreuve.

L'artiste Lago Paulin résume bien l’atmosphère et l’état des cœurs des militants "Eééh Amadou Gon, les militants sont inconsolables, AGC, la douleur est profonde ooh (…)".

Après l’hommage populaire rendu à l’ex-Premier ministre, désigné en mars comme dauphin du président Ouattara, sa dépouille s’est s’envolée de l’aéroport Félix Houphouët Boigny pour Korhogo (Nord ivoirien), sa ville d’origine, où aura lieu l’inhumation vendredi.

Dorine BANGA

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