A Ouagadougou, des élèves de la ville battent le pavé pour protester contre les réformes scolaires (REPORTAGE)

Pour se faire entendre, des élèves de divers établissements de la ville de Ouagadougou protestent lundi matin, en face du ministère en charge de l’Éducation, contre les récentes réformes initiées par le gouvernement burkinabè en rapport avec l’organisation des examens de fin d’année et la suspension des activités culturelles dans les établissements scolaires, constate ALERTE INFO.
Il est 9 h, à notre arrivée en face dudit ministère où se déroulent les événements, on aperçoit très tôt un élève d’environ 1, 70 m, coiffé à l’aide d’un foulard rouge et d’un tee-shirt bleu, probablement le leader d’un groupe. Celui-ci menace, exécute quelques pas de danse et fredonne un chant guerrier, bien connu des siens.
"Si c'est problème, ils veulent ? Ils vont l’avoir. Qu’est-ce qu’il y a d'urgent dans l'ancien système qui nécessite une reforme à tout prix. Il faut plutôt voir le cas des milliers d'écoles fermées, les milliers d'élèves qui ne vont plus à l'école. Ça, c'est une urgence", lance-t-il.
Un peu plus loin, l’on voit une cinquantaine d’élèves en provenance d’un autre établissement qui viennent soutenir leurs camarades déjà sur place. Ils lancent successivement ces mots : "Seule la lutte libère. Ne lâchons rien les gars. Ils doivent nous expliquer davantage".
Pendant que certains parmi les manifestants exigent du ministère une explication immédiate, d’autres évoquent le droit dont ils bénéficient qui ne sont pas du tout respectés.
"Nous voulons des explications-là et maintenant, rien de plus", réclame le premier groupe qui se dit prêt à en découdre par tous les moyens dont il dispose.
"Les élèves ont aussi leurs droits. Et le gouvernement doit les respecter. Nous avons nos mots à dire. Nous ne céderons pas", martèle l'autre groupe un peu dominé par des jeunes filles élèves.
En réaction spontanée, des agents du ministère de l'Éducation nationale sont sortis pour croiser les manifestants. Mais ces derniers exigent la présence du ministre Ouaro lui-même pour lui remettre leur plateforme.
"Nous sommes venus ce matin pour dire non à Ouaro. On ne comprend pas pourquoi dans le système scolaire rien ne va", lance l’un des élèves qui choisit de garder l’anonymat.
Des policiers venus quelques heures après ont repoussé et dispersé ces élèves après quelques instants de lutte.
Dans une note adressée au ministre Stanislas Ouaro, l’Association des élèves du secondaire de Ouagadougou annonçait une grève de 48 heures pour protester contre la décision du gouvernement.
Emmanuel DJE BI
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