Abidjan/Affaire Blé Goudé: La chambre d’instruction refuse un 3e report d’audience, la défense se déporte

La défense de l’ex-leader des Jeunes patriotes ivoiriens Charles Blé Goudé, accusé par la justice ivoirienne de "crimes contre des populations civiles et crimes contre des prisonniers de guerre", a décidé mercredi à Abidjan de se déporter suite au refus de la chambre d’instruction d’accorder un troisième report d'audience pour lui permettre de produire son mémoire.

"Le collectif a décidé de se déporter de cette affaire", a dit Me Claver N’Dri, expliquant qu’il était "impossible" pour la défense de produire un mémoire à déposer "24 heures avant" l’audience selon le code, dans la mesure où la pièce documentaire réclamée la semaine dernière a été transmise "seulement hier (mardi) à 12h26".

La chambre d’instruction ayant estimé que "l’audience pouvait se poursuivre", les conseils de M. Blé Goudé, vu l’impossibilité pour eux de produire un "mémoire oral", ont quitté la salle afin de ne pas "donner l’impression aux citoyens ivoiriens qu’il y a des avocats qui constituent un contre-poids à cette justice".

"Nous ne sommes plus dans cette affaire pour l’heure, nous l’avons fait connaitre à la chambre. S’ils veulent poursuivre la procédure comme ils veulent, qu’ils la poursuivent, mais sans nous", a ajouté Me N’Dri, pour qui les avocats "ne sont pas des enjoliveurs de l’œuvre de justice".

Il a indiqué que la pièce réclamée le 30 octobre est relative à une audience de son client le "21 mars 2014" au palais de justice du Plateau (centre des affaires d’Abidjan) où s’est d'ailleurs tenue l’audience de ce jour, de même que les précédentes dans cette affaire.

Le 23 octobre à l’ouverture de l'audience devant la chambre, Maître Félix Bobré, membre du collectif des avocats de la défense, a évoqué "deux inculpations", à savoir "crimes contre des populations civiles et crimes contre des prisonniers de guerre", ajoutant que M. Blé Goudé risque "la condamnation à vie".

Selon Me Claver N’Dri, qui a évoqué "l’article 564 du code pénal", ces chefs d’accusation ont été "abrogés" et "n’existent plus dans (la) législation" ivoirienne.

MYA

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