Abidjan-Ouest : Les prix des denrées alimentaires en hausse au marché de Gesco après la présidentielle (REPORTAGE)

Les  denrées alimentaires et d’autres produits de consommation du grand marché de Gesco (Ouest d’Abidjan) ont été pris d’assaut par des populations au lendemain de la présidentielle  ivoirienne du 31 octobre 2020. Comme toute évidence, minime fut la surprise  des revendeuses de vivriers et d’autres clients venus faire des achats dans cette zone. Les prix des produits vivriers ont carrément connu une hausse de taille.

 

Déjà à six heures du matin sur le trottoir non loin de la pharmacie de l’autoroute à droite, c’est les bousculades et des disputes à n’en point finir autour des produits vivriers. Chacune des femmes veut s’approvisionner le plus rapidement possible et avoir également les produits en qualité et en quantité malgré la flambée des prix.

 

" Le sac (50 kg) de la pâte de manioc qui coûtait 13 000fcfa avant les élections est passé à 18 000 f voire 20 000 FCFA.  On n’a pas le choix. On n’est obligé de se bousculer pour prendre pour nous. Puisque nos clients en ont besoin, on cherche donc à les satisfaire avec la bonne qualité", lance Dame Jocelyne la quarantaine révolue qui venait juste d’acheter son sac.

 

Pour Mme Banh, une restauratrice du marché de Gesco, "c’est vraiment difficile". Car, "la boite de graine de palme est passée de 300f ; 400f à 700 f voire même 800 fcfa. 7 boules d’attiéké (semoule de manioc cuite à la vapeur) font désormais 1000f au lieu de 700 f habituellement. Les prix des régimes de banane plantains ont connu une hausse. Ils nous vendent 4 régimes à 5000f contrairement à 2000f les jours d’avant."

 

Même son de cloche pour mademoiselle Sylvie Tra Lou, assise sur un guéridon devant sa marchandise, les mains sous son menton comme si elle venait à peine de recevoir un coup venant d’un chagrin d’amour sans pareil.

 

" Les produits ne sortent même pas. En plus, je les ai achetés très chères.  Le petit sac d’aubergine de 50 kg que vous voyez là, m’a couté 8 000f CFA. Avant les élections, je l’achetais à 1500 f, souvent à 2500f.   Le transport a augmenté selon les femmes avec lesquelles on achète. Cela ne va pas tant que les résultats définitifs des élections ne sortent pas", a-t-elle regretté.

 

Dans le même périmètre, une vendeuse d’attiéké avec du poisson frit, nous laisse entendre que ses boules d’attiéké coutent 150 fcfa l’unité.

Selon ses dires, depuis une semaine, "des femmes qui produisent de l’attiéké ont marqué une pause à cause de la situation qu’on connait tous."

 

Par conséquent, elle achète une boule à 125f pour la revendre à 150 fcfa ; d’où elle a " 25f" comme bénéfice.

 

A en croire Mme Kouakou une livreuse en gros accompagnée de son chauffeur de tricycle, venue d’un village, cette flambée de prix de ses produits s’explique par l’approvisionnement difficile des marchandises au niveau des villages.

 

" Dans certains villages où on va prendre les marchandises pour venir les vendre à Abidjan, des propriétaires de véhicules ont toujours peur de venir dans la capitale économique. Au risque de voir leur véhicule incendié par des individus. On est donc obligé de décomposer avec les tricycle pour se rendre dans les différents champs des paysans pour avoir un peu. Or, le moto-tricycle ne prend pas assez de bagage mais consomme beaucoup de carburant, d’après mon chauffeur", a-t-elle expliqué.

 

A la veille de la présidentielle, des violences ont été enregistrées à Abidjan et à l’intérieur du pays avec la destruction des biens de particuliers. Cette situation a empêché beaucoup de véhicules de transport de marchandises d’entrer dans la capitale économique, selon plusieurs commerçants.

 

Emmanuel DJE BI

 

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