Au secours, Bédié veut revenir !

C’est fait ! A 86 ans, Henri Konan Bédié est officiellement  investi candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) à l’élection présidentielle du 31 octobre.  Dans un pays où "environ 77, 3% de la population à moins de 35 ans", selon les statistiques du  gouvernement,   Bédié veut prendre les rênes de notre destinée pour " changer les conditions de vie et de travail des jeunes". Ses partisans, quant à eux, racontent à grands renforts de communication  qu’il est le " candidat de la restauration de notre dignité bafouée". Oh, que c’ est beau ! Cependant, la réalité est là, implacable : en 2020, Bédié ne pourra pas être l’homme de la situation.

 

De 1993 à 1999, dans la fougue de sa jeunesse avec toute la vitalité qui va avec, lorsqu’il était président de la République, son mandat a porté le saut des plus graves dérives dictatoriales de toute l’histoire de la Côte d’Ivoire. Auteur de l’Ivoirité, concept politique à la base de stratification des populations en "Ivoiriens de souches et Ivoiriens de circonstances", Bédié a été la cause de notre tragédie commune.

 

L’histoire a de la mémoire, dit-on ! C’est également sous sa gouvernance que le ministre  Ouassenan Koné a fait bastonné à sang le journaliste Aboudramane Sangaré parce qu’il avait trouvé un "article injurieux " à son encontre.

 

En 1995, les étudiants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) ont organisé une marche pour demander l’amélioration de leurs conditions de vie. Pendant la marche, ils ont été bastonnés par la police sous le regard amusé du ministre de la Sécurité Dibonan Koné, qui a déclaré que c’est "normal" car ces étudiants "sont des hors-la-loi". Voilà le passé d’un candidat qui veut "restaurer notre dignité".

 

Comme pour se donner de la contenance, il raconte haut et fort que le Coup d’Etat du 24 décembre 1999 l’a empêché de travailler convenablement. Il feint cependant d’ignorer que quand on est compétent, on ne se laisse pas "surprendre" par un Coup d’Etat.

 

Pour ces raisons et bien d’autres, Bédié ne doit pas nous diriger encore une fois.  Les acrobaties de ses partisans qui ont rivalisé d’imagination pour lui trouver le nom "sexy" HKB 86, n’y changeront rien.

Charles Kossonou

 

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