Côte d'Ivoire/restauration: Hamed Traoré, du plongeur au Chef-cuisinier (PORTRAIT)

Parvenu à la restauration plus par nécessité que par passion, Hamed Traoré, Chef-cuisinier ivoirien s’est finalement laissé séduire par le métier au fil du temps, en gravissant les échelons à force de courage, un parcours qu’il invite les jeunes à suivre.

 

Pour les besoins du service, Hamed, 34 ans est vêtu de sa veste de chef-cuisinier, toque vissée à la tête pour des raisons d’hygiène, sur un tablier assorti d’un pantalon noir et d’une chaussure de sécurité de la même couleur. Le jeune Chef-cuisinier au teint ébène et au physique d’athlète, fait la navette entre la cuisine et la terrasse du restaurant Chez Samer, un établissement gastronomique situé à la Riviera Palmeraie, dans la commune chic de Cocody.

 

Derrière les rôtissoires, barbecue automatiques, fours, sauteurs électriques, fourneaux, cuisinière électrique, il se charge de la réalisation des plats à servir en salle, selon les plats proposés à la carte, en fonction de son imagination et de ses goûts.

 

Son histoire commence en 2004, année au cours de laquelle l’un de ses amis promet de lui trouver un emploi dans le domaine de la restauration, après avoir cessé d’exercer auprès d’une dame avec qui il collaborait.

 

"Lui, il travaillait chez un Libanais encore. Et quand il a eu place, il m’a appelé. Ce monsieur c’est le fils ainé de Hassan, le même Hassan qu’on connaît en Côte d’Ivoire.  En 2005, j’ai commencé dans leur restaurant en tant que "plongeur" (laveur d’assiettes)", raconte Hamed Traoré.

 

Après chez Hassan où il a fait ses premiers pas et travaillé aux côtés d’un chef-cuisinier libanais qui a consacré sa vie entière au monde de la cuisine en se formant au Liban, en Arabie Saoudite avant de venir en Côte d’Ivoire, le chef Traoré a rejoint un autre établissement "Chez Kebab", à Saint-Jean à Cocody.

 

Avec plus de 14 ans de service, le cuisinier qui a tout appris sur le tas, déclare n’avoir jamais avoir reçu de formation qualifiante dans le domaine. Pour ses débuts, le cuistot ne s’est inspiré de personne, parce qu’il ne "maitrisait pas ce domaine" et il ne s’y intéressait pas.

 

"Je me suis inspiré de personne au départ. Quand je suis arrivé, puisque la situation était un peu dure pour moi, je me suis dit qu’il faut s’accrocher et je me suis accroché. Quand les gens te voient, ils t’envient. Or, à l’intérieur, c’était une autre réalité au début. Et c’était difficile. Il faut être fort pour rester. Parce que c’est un travail assez encombrant et c’est fatigant", fait-il savoir.

 

C’est "un métier qui est un peu difficile", avoue Hamed, estimant qu’il "faut être courageux" pour s’en sortir à la longue.

 

Avec l’expérience acquise au fil des années, il envisage se former ou collaborer avec des livres de cuisine pour améliorer ses rendements.  " Tout évolue. Au moment où on commençait, il y avait beaucoup de nourritures qui n’existaient pas, mais aujourd’hui qu’on retrouve sur internet et dans des livres. La gastronomie s’est beaucoup développée. Donc il faut toujours chercher", affirme-t-il.

 

Chef Traoré concoctes plusieurs recettes. Mais sa préférée, demeure le Chawarma, plat populaire du Proche-Orient. A la maison, il n’aime pas cuisiner.  C’est son épouse qui doit le faire selon lui. S’occuper de cela serait pour lui, limiter les champs d’action de sa "moitié".

 

"Il est un peu difficile étant à la maison, de montrer à ma femme que je sais cuisiner. Souvent, cela la contrarie dans son travail. Tout ce qu’elle va faire, elle va trouver que ce n’est pas juste. Et ça fait que tu arrives à la maison, le travail que tu fais en tant que cuisinier, tu te limites et tu te dis je suis un mari", se justifie ce père de famille.

 

Dans 10 ans, il compte avoir son propre restaurant grâce à ce qu’il économise. "Je veux fermer les yeux et compter sur moi-même. Et c’est ce que j’ai commencé. Je suis sûr que dans les années à venir, Dieu voulant, je vais y arriver. Même si le restaurant n’est pas grand, je vais faire un petit restaurant où je sais que je  peux gagner au moins 20 000FCFA par jour", espère Hamed Traoré.

 

Emmanuel DJE BI

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