Covid-19 : l’enseignement à distance pour assurer la continuité des cours dans des écoles privées d’Abidjan (REPORTAGE)

Peu après la fermeture des écoles sur l’étendue du territoire ivoirien, à la demande des autorités, pour limiter la propagation du Covid-19, des établissements privés ont décidé d’opter pour l’enseignement à distance afin d’assurer la continuité des cours et sauver l’année scolaire.

"A l’instar de ce que propose le gouvernement, nous avons mis en place un système de cours et d’exercice à distance pour tous nos élèves de la sixième à la terminale", explique Stanislas Anoh, directeur de l’encadrement académique du groupe scolaire les Figuiers de la Palmeraie, dans le quartier chic de Cocody (Abidjan Est).

Dans la vaste cour de l’établissement confessionnel de renom, il règne un calme plat. Des cars de transport d’élèves sont stationnés dans le parking, des chaises disposées pour recevoir les parents d’élèves qui se succèdent pour retirer les relevés de note provisoires de leurs enfants.

Accueilli par des agents de sécurité à l’entrée principale, tout visiteur est soumis au lavage des mains, Covid-19 oblige.

Dans la plupart des établissements scolaires seuls des personnels de l’administration et des enseignants sont présents.

En Côte d'Ivoire, les établissements préscolaires, primaires, secondaires et supérieurs sont fermés depuis le 16 mars, sur recommandation des autorités, afin de limiter la propagation du Covid-19.

Le groupe scolaire les Figuiers où le 2e trimestre est achevé, les professeurs ont déposé les notes et tenu les conseils de classe, a opté pour "une approche matérielle ou manuelle" dans un premier temps.

"Les cours commis par les professeurs" sont mis à la disposition des parents d’élèves qui peuvent se déplacer avec "des exercices" à faire, selon M. Anoh, précisant qu’il s’agit des exercices de révision et des leçons qui n’ont pas été encore exécutés en classe".

En plus de cette première approche qui a été "fonctionnelle, l’établissement a privilégié les moyens qu’offre internet avec la création d’un site internet qui sera bientôt mis en ligne pour que les parents n’aient pas besoin de se déplacer", poursuit le directeur de l’encadrement académique du groupe scolaire les Figuiers.

Plusieurs autres écoles privées dont le collège Blaise à Koumassi, dans le Sud d’Abidjan ont adopté le premier système.

Aux dires de Alassane Coulibaly, administrateur du collège, présent dans le centre pour les opérations de calcul des moyennes "dès les premières heures de la décision", l’école avait "donné une série d’exercices" aux élèves.

"C’est un peu difficile", avoue M. Coulibaly, assurant que les responsables de l’établissement sont "en train de réfléchir pour voir ce qu’il y a lieu de faire" pour la suite.

Quant à la direction générale des écoles méthodistes, elle a instruit les directeurs des écoles primaires de donner des exercices et devoirs de maison à tous les élèves du CP1 au CM2 pour une période de 30 jours portant sur les leçons du 2e trimestre.

Relativement, aux écoles secondaires, deux niveaux d’activités basées sur l’utilisation des nouvelles technologies (Android et internet) sont institués.

Il s’agit d’une activité ludique d’évaluation et d’autoévaluation des élèves via une application baptisée I-QUIZ.

Gratuite pour une période de deux mois et exclusivement réservée aux élèves des Cours secondaires méthodistes (CSM) et Pensionnat méthodiste des filles d'Anyama (PMFA), elle est uniquement développée pour des terminaux androïdes.

Selon le service de communication institutionnelle, ce sont des exercices dans chacune des disciplines de bases de la sixième à la terminale".

Hormis cela, des évaluations par devoirs de maison dans toutes les classes consultables sur le site officiel des écoles méthodistes dgem.ci, les devoirs imprimés à partir du site de la DGEM et traités à la maison.

Ils sont rendus dès la reprise des cours et comptent dans le calcul des moyennes du 3e trimestre.

Elise Nguessan, mère d’une fille inscrite en 1ere C dans un établissement méthodiste salue cette disposition, estimant que cela occupe l’enfant, conscient qu’il a des devoirs à rendre, à étudier".

Toutefois, Mme Nguessan trouve des inconvénients au niveau de l’explication des matières scientifiques", différentes des cours dans les salles de classe.

"Nous sommes obligés d’avoir un professeur de maison qui peut coûter 60.000 FCFA par matière pour mieux lui expliquer, afin qu’elle puisse faire ses devoirs", indique-t-elle.

S’agissant des devoirs, elle émet des réserves sur la capacité d’évaluer l’apprenant à sa juste valeur.

"Je les trouve comme des exercices de maison où l’enfant a la capacité de faire ses recherches" contrairement aux évaluations en classe où l’élève est évalué selon sa valeur réelle.

En classe, l’apprenant peut avoir 12 au devoir, mais obtenir une meilleure note avec les documents à sa disposition (cahier, fascicule…), c’est la seule chose qui me fatigue", en tant que parent d’élève, fait savoir Mme N’guessan les yeux rivés sur le clavier de son ordinateur.

Après deux mois d’interruption en raison des mesures de lutte contre la propagation de la maladie à Covid-19,  la ministre de l’Education nationale, Kandian Camare  a annoncé la reprise des cours le 18 mai dans les écoles primaires et secondaires des villes de l’intérieur du pays.

Cette reprise concerne toutes les villes, sauf Abidjan, Dabou (Sud), Aboisso (Sud-est), Grand-Bassam, a précisé Mme Camara qui a recommandé une rotation un jour sur deux entre les classes pour une organisation prudente des salles de classe.

Dans le secondaire, la ministre a évoqué une option d’une "rentrée progressive" en commençant par les classes d’examen, dans les établissements à gros effectif, tandis que les cours reprendront normalement le 18 mai pour les écoles à faible effectif.

Le ministère de l'Éducation nationale a cependant décidé de "la mise en vacances des tout-petits de la maternelle dont le programme était presqu'achevé lorsque la mesure de fermeture des écoles est intervenue".

ABL

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