Fulbert Koffi, le défenseur du cacao Made in Côte d’Ivoire (PORTRAIT)

A côté des grands chocolatiers tels que le français CEMOI, l’américain Mars, Fulbert Koffi, la quarantaine se pose en défenseur du chocolat Made in Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de l’or brun.

 

"Je milite pour les produits made in Côte d’Ivoire", affirme avec fierté Fulbert, 1m85, propriétaire de "L’ivoirienne de la chocolaterie", une boutique artisanal acquise grâce à un financement participatif.

 

Installé dans l’une des pièces de son atelier situé dans la commune chic de Cocody à l’est d’Abidjan, l’ancien étudiant de l’Ecole française des attachés de presse (EFAP), s’entretient avec la comptable pour faire le point des dépenses et des recettes.

 

Au laboratoire, des employés emballent à la main chaque tablette, tandis que des ouvriers du bâtiment s’attellent à confectionner les meubles et le design de la boutique.

 

Dans cette fabrique à l’architecture moderne et semblable aux espaces de cafés des quartiers populaires de la ville d’Abidjan, Fulbert Koffi mise sur le 100% chocolat ivoirien, uniquement à base d’ingrédients issus du terroir. Son objectif étant de "créer un marché local du cacao".

 

"Les Ivoiriens n’ont pas une habitude de consommer le cacao, parce que comparé à d’autres produits qui sont typiques à des pays, les Ivoiriens consomment moins leur cacao", déplore l’entrepreneur, estimant que "le marché est vierge car le chocolat n’est pas encore dans l’habitude des Ivoiriens" contrairement au vin.

 

En France par exemple, "un citoyen français consomme au minimum 5 à 6 kilos de chocolat l’année, ce qui n’est pas le cas en Côte d’Ivoire, où un Ivoirien ne consomme pas moins de 500 grammes l’année. On n’a pas de marché véritable sur place", détaille-t-il.

 

Son désir le plus ardent, c’est d’amener "l’Ivoirien" à "consommer pour les cinq prochaines années, 1 kilogramme de chocolat ou de produits du cacao par an."

 

Pour y parvenir, Fulbert Koffi envisage d’insérer le chocolat dans certains aliments et apéritifs prisés par ses compatriotes.

 

"On a cette ambition de faire du charbon à partir des cabosses rejetées du cacao faire de la boisson. On va toucher plus de marché qui sera les écoles, les cantines", projette le natif d’Ouéllé, un département du Centre-est de la Côte d’ Ivoire.

 

S'il admet que le chocolat "nourri son homme", l’entrepreneur indique faire face à des charges d’exploitations conséquentes, notamment le coût du kilogramme du cacao oscillant entre 2.000 et 3000 FCFA le kilogramme" alors qu’il est fixé à 1.000 FCFA bords champs à l’exportation.

 

Pour cette raison, il appelle les autorités à favoriser et à soutenir les entrepreneurs ivoiriens qui se lancent dans la transformation du cacao.

 

"On ne profite pas lorsque nos produits sont transformés ailleurs. On veut aider les pouvoirs publics à changer les choses", lance le jeune Koffi.

 

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec 40% du marché mondial, mais seule une petite partie des fèves sont transformées sur place. La valeur ajoutée échappe donc en grande partie au pays.

 

Selon l’Organisation Internationale du Cacao, sur les 100 milliards de dollars soit près de 55 milles milliards de FCFA générés par l’industrie chocolatière mondiale, les pays producteurs ne gagnent que 6 % de cette somme.

 

Djamal AKINBOLA

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