La ville d’Abidjan se dépeuple à la veille de la présidentielle ivoirienne (REPORTAGE)

A la veille des élections présidentielles ivoiriennes du 31 octobre prochain, des populations abidjanaises craignent déjà un retour au passé mortifère de la crise postélectorale de 2011.

Des Ivoiriens se sont pliés à l’obligation d’une éventuelle guerre, une situation que les habitants de la capitale n’avaient pas connue depuis 2011.

Hommes et femmes se bousculent dans des gares routières à une destination plus loin de la capitale économique. Tous attendent des véhicules de transport en commun qui se font un peu rares au regard des nombreux voyageurs.

Jeudi matin, en face d’une compagnie de transport, on aperçoit une femme accompagnée de sa fille assise à même le sol ruminant sur son sort sur une impossibilité d’avoir un véhicule pour se rendre dans son village natal à environ 150 km d’Abidjan.

" Moi je suis assise ici depuis cinq heures du matin avec ma fille. Avec tout ce qui se passe et s’annonce, je préfère me rendre plus tôt au village pour plus de sécurité. Mais, je ne suis pas sûre d’avoir un véhicule aujourd’hui au regard de l’affluence", s’inquiète Dame Irié Lou résidant à Yopougon Gesco (Abidjan-Ouest).

En dehors de ces gares routières, on voyait déjà des jeunes gens et des femmes avec des sacs de voyage pour une destination inconnue. Une chose inhabituelle, selon un fonctionnaire qui se rendait à son lieu de service tôt le matin.

Au corridor Nord d’Abidjan non loin de la brigade de la Gendarmerie nationale, deux jeunes filles vêtues en tenue de sport tiennent des sacs de voyage et se dirigent vers un véhicule de transport.

Toutes deux observent et jettent de temps en temps un coup d’œil à l’horloge de leur téléphone respectif.

"C’est l’avant dernier jour du jour que tous les ivoiriens savent, c’est un événement, on veut être loin, notre village est proche de la ville de Bouaflé (Centre-Ouest), on aura le temps de rentrer (…) ", déclarent avec assurance les deux voyageuses.

Dans le marché de Gesco, la plus part des commerçants situés en bordure de la route  ont déserté les lieux occasionnant une fluidité routière inhabituelle à cette zone.

Rappelons que la Côte d'Ivoire à l'approche des élections prévues samedi tourne au rythme de la désobéissance civile déclarée par les partis de l'opposition. Depuis lors, des troubles sont quotidiennement observés dans de nombreuses localités. Entre peur, angoisse et crainte, des ivoiriens craignent de replonger dans une nouvelle crise comme celle de 2011 qui avait fait plus de 3000 morts.

Emmanuel DJE BI

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