Le monument Thomas Sankara, lieu de visite pour des curieux à Ouagadougou (MAGAZINE)

"C’est un président dont l’histoire nous a plu", raconte avec enthousiasme Diarra Souleymane, la vingtaine, qui visite pour la toute première fois la statue géante érigée à Ouagadougou, en l’honneur de Thomas Sankara, le leader révolutionnaire burkinabè, tué lors d’un coup d’Etat en 1987.

Avec son ami, Ibrahim Birba, Souleymane monte des marches pour rejoindre la sculpture, en bronze (13 tonnes), sous les regards bienveillants d’Alphonse Yoh, l’un des 12 guides, reconnaissable par son chasuble orange.

A l’entrée du site, où est posé un drapeau burkinabè sur un piquet, la marquette du projet de construction du mémorial, deux posters géants du leader, l’un avec Che Guevara et l’autre avec Jerry Rawlings, l’ancien président ghanéen décédé le 12 novembre 2020, sont placardés sur la clôture en fer forgé aux couleurs nationales (rouge-jaune-vert).

Aux abords, des publications sur l’ex-dirigeant dirigeant de la révolution burkinabè, des gadgets à son effigie sont vendus.

Sur l’ouvrage de cinq mètres, on y aperçoit, Thomas Sankara, cette ancienne figure de l'anti-impérialisme en tenue militaire, béret vissé sur la tête, le poing serré, la main gauche levée.

"On a vu (la statue) on a dit, on va aller visiter, quand tu arrives à la maison, on parle de ça, surtout quand tu es en déplacement, les gens disent, j’ai eu à faire le monument de Thomas Sankara", racontent avec enthousiasme, les deux amis, imitant le geste du père de la révolution burkinabè.

Profitant à fond de leur passage, ils n’hésitent pas à poser près de la statue, histoire d’immortaliser les moments passés sur les lieux, avant de s’éclipser à bord de leurs motos stationnés à l’entrée du site.

Le monument, en bronze, est bâti dans l’enceinte du Conseil de l'Entente, le siège du Conseil national de la révolution, où Sankara et ses compagnons ont été tués.  Il attire des visiteurs de différents profils, selon Alphonse.

"Les gens viennent surtout pour la statue" sans connaître "le projet qui est derrière (ni) l’idéologie", explique l’étudiant en licence d’histoire et archéologie à l’Université de Joseph Ki-Zerbo, estimant qu’"il faut un accompagnement."

La statue, "c’est bien, mais il faut savoir le projet derrière (car) il pourrait encore inspirer" d’autres personnes, argumente l’étudiant qui déclare avoir été attiré par l’idéologie du Chef de l’État de la République de Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso.

"C’est quelqu’un qui a su dresser le chemin et posé des actes concrets en quatre ans", témoigne-t-il avec fierté.

Séduit par la figurine, Félix Dabiré, étudiant, dit avoir décidé de visiter pour la première fois, le monument de Sankara dont il a également entendu parler. Après des selfies, il sollicite tout comme, Ibrahim et Souleymane, l’aide d’un journaliste pour prendre des clichés.

Le projet du mémorial dont la construction est prévu sur le site de l’ancien Conseil de l’entente, d’une superficie de 14 hectares, comprend une tour de 87 mètres baptisée du nom du père de la révolution burkinabè et symbolisée l’année au cours de laquelle lui et ses 12 compagnons ont été tués, selon Alphonse Yoh.

"De 83 à 84, ça va incarner la première année de la révolution, 84-85, la deuxième, 85-86 la troisième et de 86 à 87 la quatrième et la fin de la révolution. Les séquences vont matérialiser les 62 ethnies burkinabè en particulier et l’Afrique toute entière et la calebasse l’âme des Burkinabè pour signifier que chaque groupe ethnique doit faire en sorte pour tenir cette âme afin qu’elle ne puisse tomber", énonce le jeune homme.

Le mémorial va abriter plusieurs infrastructures notamment un musée, une bibliothèque, des salles polyvalentes, un parc…

Pour sa réalisation, tout visiteur a la latitude de déposer volontairement une contribution dans l’une des deux boites de collecte de dons en acrylique, transparente et cadenassée, disposés non loin du monument.

Dévoilée en mars 2019, la statue de Thomas Sankara , estimée à 150 millions FCFA avait déboulonnée pour avoir été la cible de critiques et de moqueries, avant d’être ré-inaugurée à Ouagadougou.

Anselme BLAGNON

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