Legou Silué, génie de la conception d’engins roulants avec du matériel de récupération (PORTRAIT)

Concepteur d’engins roulants à l’aide d’objets de récupérations, l’Ivoirien Legou Silué rêve d’ouvrir un centre technique pour transmettre son savoir à la jeune génération.

A 56 ans, l’ingéniosité du natif et résidant de Korhogo (Nord de la Côte d’Ivoire), marié et père de six enfants ne fini par d’épater plus d'un.

Comme plusieurs enfants de son âge, à qui il suffisait d’avoir un fer et une corde pour concevoir un engin roulant, M. Silué a mûri un intérêt particulier à cet acte naguère "anodin" qui lui a valu d’être orienté par ses parents vers le secteur de la mécanique automobile dès son jeune âge.

Fasciné par les engins à deux et trois roues très prisés dans sa localité et n’ayant hélas pas les moyens de s’en offrir, le jeune mécanicien d’alors, déjà ambitieux se projette, "au lieu de rester à réparer des voitures conçues par d’autres personnes, je vais fabriquer pour moi-même et rouler", s'est-il résolu.

En 1980, son esprit créatif se met ainsi en branle, le poussant à concevoir une "mobylette" à partir d’une "vielle bicyclette" achetée dans une ferraille à laquelle il ajoutera un moteur.

Dès lors, "c’est parti", plus rien ne l’arrête en matière de conception car peu après, c’est un "ancien congélateur", objet immobile avec un profil "totalement différent", qui va  découvrir la joie de se déplacer à travers rues et ruelles grâce à son génie créateur.

Tel un podium, l’atelier coloré, du quinquagénaire, témoin de son esprit fertile, abrite ses engins multiformes aussi élégants que différents les uns des autres, passant de ceux de collections à de minis machines pour travaux champêtres.

Silué Legou qui dit être "ralenti" dans son activité par manque de financement, le conduisant à passer "plus de temps" qu’il n’en faut dans la conception d’un véhicule, en appelle aux bonnes volontés pour faire éclore son art.

"J’aime fabriquer ces voitures là", affirme t-il avec un large sourire, "ça peut aider notre pays".

Dorine BANGA

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