Sara 2019: Entre satisfaction et complainte des commerces qui gravitent autour (MAGAZINE)

Ce sont des commerçants de diverses nationalités, venus de plusieurs villes de la Côte d’Ivoire qui, en marge des expositions de ce salon sont partagés entre satisfaction et complainte, quant à leur chiffre d’affaire et aux conditions d’organisation de la cinquième édition du Salon de l'agriculture et des ressources animales (SARA), à Abidjan.

Situé à gauche, en venant de l’aéroport international Félix Houphouët sur un espace aménagé à cet effet, le marché "hors Sara" offre une variété de mets locaux et même régionaux.

Une cuvette en inox sur la tête contenant des sachets d’eau, des mouchoirs à papiers jetables, dans la main gauche, Edwige Blé crie à tue tête"tanti ya de l'eau...", elle n'hésite pas à courir lorsqu’un client manifeste le désir d’étancher sa soif.

Elles sont nombreuses à prendre d’assaut de potentiels clients, guettant tous leurs faits et gestes, s’interdisant d'en rater, même un seul.

"C’est vrai que c’est fatiguant de courir ainsi derrière les clients mais nous, nous cherchons notre argent. On a toujours soiffe lorsqu’il fait aussi chaud que maintenant et avec autant de monde, on ne se plein pas même si les soirs en rentrent chez nous, on est très fatigué", se rejouit-elle.

Pour un pack d’eau acheté à 500FCFA soit 7,6 Euros), y compris des morceaux de glace pour les rafraichir, Edwige avoue vendre cinq à six pack par jour bénéficiant ainsi de 1000.CFA (1,52 Euros) par paquet.

Tout comme elle, à 19 ans, la nouvelle bachelière Larissa Téhi, venue de Bangolo (ouest Ivoirien), avec sa mère au compte d’une coopérative productrice de riz local, en a fait sa "son bisness", pour dit-elle, "avoir un peu" d’argent qui lui permettrait de venir en aide à sa mère qui seule, prend soin d’elle et de ses quatre frères et sœurs, depuis le décès de son père.

A proximité, Abdoul Sylla vendeur de garba, débordé par la clientèle a, à peine le temps de répondre aux questions, il est plutôt occupé à satisfaire sa clientèle " on peut faire 20 à 25.000FCFA ( entre 30,36 37,95 Euros) par jour mais on veut plus, Inch Allah (si Dieu le veut)", lance t-il, un sourire en coin.

Le nigérien Mamadou Magai, vendeur de mouton à l’abattoir de Port-bouët (commune qui accueille l’événement), n’a fait qu’un pas pour en arriver à celui de "choukouya" (viande de mouton ou de bœuf braisé, prisée des ivoiriens).

Il hésite avant de lâcher, comme s’il voulait se rassurer qu’il ne devrait pas divulguer le montant exact de sa recette journalière à des étrangers," Hum…30.000FCFA (45,54 Euros)".

De l’autre côté goudron des fleuristes, profitent, eux aussi de ce salon. C’est le cas de Basile Djigeumdé et de Charles Bancé tous deux burkinabé, qui témoigne avoir fait de bonnes affaires à la faveur de cette cinquième édition du Sara.

" Notre coin est calme habituellement mais là, beaucoup de blancs sont venus acheter nos plantes, ils profitent pour essayer de relooker leurs maisons, surtout pour les fêtes de fin d’année et c’est bon pour nous. Mais quand ça va finir ... ", lâchent-ils la voix soudain enrouillée  sans poursuivre.

A la question de savoir à combien  s'élève leurs entrées d'argent journalière à la faveur du SARA, ils se gênent, le visage tout de même radieux comme pour dire que "l’argent n’aime pas le bruit".

La dualité de la vie faisant, pendant que certains sont heureux, d’autres sont mélancoliques, estimant que les éditions précédentes leur avaient mieux souri.

" Je viens d’Abengourou, à 210 kilomètres d’Abidjan (est du pays) et je suis à ma troisième participation à ce salon. Avant, le SARA n’était pas chère comme aujourd’hui, on s’est installé dehors parce que le coût des places à l’intérieur n’est pas à notre portée. Il faut que les organisateurs pensent à nous les pauvres qui ne demandons qu’à manger, en revoyant à la baisse le prix des stands", plaide, le gérant de buvette Manassé Yapi, âgé de 34ans.

Quant aux restauratrices Diane Koffi, Mariam Diop et Luise Anani, respectivement ivoirienne,  sénégalaise et Togolaise, elles déplorent la concurrence déloyale que leur font certains commerçants " nous on a payé 10.000FCFA (15,18 Euros) pour avoir ces places que vous voyez là. Les autres viennent, ils s’installent sans payer et rien n’est fait à ce niveau".

A la clôture du Sara dimanche, plusieurs d’entres ces commerçants reprendront d’autres activités, c’est le cas de la restauratrice ivoirienne Diane Koffi, assistante comptable qui "rentabilise "ses congés en offrant entre autres mets de l’alloco (friture de banane plantain) au poisson braisé, très prisés par bon nombre de visiteurs à la découverte de nouvelles saveurs. La voie principale qui mène à l’aéroport internationale Félix Houphouët elle, retrouvera son calme habituel.

DOB

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