Les politiciens ivoiriens, encore eux! (COGITO)

Le 19 septembre 2002, les Ivoiriens se sont réveillés sous le fracas des bombes et des  kalachnikovs. Et pour cause, notre "héros national" Guillaume Soro  voulait installer la démocratie et la justice, au travers d’une rébellion armée qu’il a appelé cyniquement "l’indispensable insurrection".  L’exclusion du président Alassane Ouattara du jeu électoral lui rongeait le cœur, il n’en pouvait pas, il fallait faire quelque chose. Sur l’autel de son ambition de "restauration de la dignité bafouée", il a tué des innocents,  sacrifié des familles, brûlé le rêve de ceux qui aspiraient à la liberté, au bonheur…

 

Aujourd’hui, 18 ans après, en observant de façon efficiente la situation sociopolitique et la résurgence des tensions à l’approche de la présidentielle du 31 octobre, on est tenté de se demander, dans un français approximatif, et comme pour dédramatiser: "Tout ça pour ça ?"

 

Avec un Code électoral qui ne fait pas l’unanimité et un Conseil constitutionnel ayant exclu les grands challengers au profit du troisième mandat illégal du président en place, nous avons touché le fond. Ceux qui sont morts pour l’instauration de la " démocratie et la justice" de Guillaume Soro l’ont été pour rien.

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les tensions montent de part et d'autres. Pendant que l’opposition  refuse d’aller aux élections avant tout consensus, en criant son ras-le-bol à grands renforts de communication médiatique, le pouvoir en place est déjà en campagne électorale. Le consensus, on en parlera après les élections !

 

Ainsi, nous avons créé une rébellion armée et  une crise postélectorale en 2010 (qui a fait plus de 3.000 morts) pour reprendre, plus d’une décennie après,  nos vielles habitudes ?

 

Quel est donc ce pays qui ne tire pas de leçons de son histoire ? Nul besoin de sortir de l’Université de Harvard des États-Unis, pour comprendre que si l’exclusion d’hier a créé une guerre tragique avec son corollaire de souffrance, celle d’aujourd’hui peut-être encore plus grave. L’histoire est un éternel recommencement. Et Comme le disait le savant Albert Einstein, "la folie, c’est de  faire toujours  la même chose et s’attendre à un résultat différent".

Charles Kossonou

 

 

 

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