Nouvelles tueries à Tanwalbougou: Le CICR "alarmé par une érosion du droit humanitaire" au Burkina

Le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Burkina, Laurent Saugy a déclaré jeudi à Ouagadougou être "alarmé par une érosion du respect du droit humanitaire dont les civils paient un très lourd tribut",  réagissant à la découverte le 30 juin de sept corps d’individus morts par balle à la lisière de Boumoana près de Tanwalbougou (Est Burkina), plus d'un mois après ceux retrouvés en mai, dans une note.

Mardi, une organisation burkinabè de la société civile, Collectif contre l'impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) avait dénoncé dans un communiqué, la mort de sept personnes sur 12 interpellées suite à une opération conjointe Forces de défense et de sécurité (FDS) et Volontaires de la patrie (VDP). Le CISC avait traité ces morts "d'exécutions sommaires et extrajudiciaires".

Mercredi, suite à cette annonce, le gouvernement a décidé de l’ouverture d’une enquête administrative, assurant que "si la responsabilité d’éléments des FDS était établie, les auteurs répondront de leurs actes conformément aux lois et règlements qui régissent les forces armées nationales."

Pour le chef de la délégation du CICR Burkina s’est dit "alarmé par une érosion du respect du Droit international humanitaire (DIH) dont les civils paient un très lourd tribut", et estimé que "le pouvoir des armes ne donne pas un droit illimité sur les personnes, au contraire : il donne de la responsabilité." 

Laurent Saugy a par conséquent appelé "toutes les parties et acteurs de violence à faire preuve de retenue, notamment auprès des personnes qu’ils capturent car selon lui "toute personne arrêtée doit être traitée avec humanité et dignité."

Début mai, dans la même localité, 12 personnes sur 25 interpellées pour suspicion de faits de terrorisme par l’armée à Tanwalbougou, ont été retrouvées mortes dans les cellules où elles étaient détenues à la gendarmerie, selon le procureur de Fada N’Gourma, Judicaël Kadeba, qui avait dit avoir ouvert une enquête. Les premiers résultats de cette enquête avaient démontré que les 12 n’avaient pas été tués par balle mais de mort naturelle.

Le 10 juin, dans un rapport, Amnesty international avait accusé les FDS du Burkina, du Mali et du Niger d’avoir commis des "exécutions extrajudiciaires" ayant coûté la vie à près de 200 civils entre février et avril 2020 dans le Sahel (zone reliant les trois pays sus cités).

JLI

Articles similaires

Laisser un commentaire