Présidentielle ivoirienne: Bédié, en roue libre pour briguer un second mandat (PAPIER D’ANGLE)

Après l’adoption des critères d’éligibilité pour le choix du candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à la présidentielle d’octobre, à l’issue du bureau politique extraordinaire qui s’est tenu jeudi et vendredi à Abidjan, le président de cette formation politique, Henri Konan Bédié, ex-chef d'Etat de 1993 à 1999, semble avoir été désigné avant l'heure.

Les conditions exigées pour être candidat, à savoir "totaliser 10 ans en qualité de membre de bureau politique, être un militant actif, l’acquittement d’une contribution à l’organisation de la convention, d’une valeur de 25 millions de francs CFA", ont été adoptées par 354 voix sur 372 suffrages exprimés.

A 86 ans, M. Bédié, deuxième leader du parti depuis sa création, après le fondateur Félix Houphouët-Boigny (premier président de la Côte d’Ivoire décédé en 1993) est le seul à remplir toutes ces conditions parmi les candidats pressentis, étant donné qu'aucun des ex-ministres Jean-Louis Billon et Thierry Tanoh, de même que le banquier Tidjane Thiam, ne totalise 10 ans de présence au sein de ce bureau.

Jugée exclusive, la condition relative à l’ancienneté au bureau politique a fait réagir le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole du parti au pouvoir, qui soupçonne les responsables du parti de l’avoir "édictée" pour "faire barrage" à de potentiels soupirants.

Selon ce transfuge du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, le PDCI, qui est "devenu le plus grand cimetière national de la démocratie", a "déjà choisi son candidat à la présidentielle" et ce, "avant même d’ouvrir les portes de la Convention".

"Un critère est toujours exclusif, (mais) Bédié n’a rien taillé à sa mesure", réagit un militant actif qui a requis l’anonymat, expliquant que la clause sur l’ancienneté au bureau politique, bien qu’elle "exclue les jeunes cadres du parti, figure déjà dans les textes depuis longtemps".

Selon ce dernier, les textes du parti stipulent également que le président de cette formation politique, à savoir Henri Konan Bédié, "est le candidat naturel" à la présidentielle et ne saurait être "remplacé" par un autre qu’en cas de "refus" de se présenter.

Visiblement écarté de la course par ce critère, Jean-Louis Billon, 55 ans, a proposé de contribuer au "toilettage futur des textes pour favoriser les aspirations des jeunes, mettre la jeunesse au cœur de la gestion du PDCI-RDA (...) avec la bénédiction du président Bédié", sans omettre de relever qu’il est "le premier sur la liste des candidats, la tête de liste", si le leader du parti "ne se présente pas".

"Dans un groupe d’éléphants, ce sont les aînés qui entourent les plus jeunes pour faire traverser la rivière et les protéger", a poursuivi celui qui se positionne comme "le leader" de la jeunesse, lors du bureau politique.

Les dossiers de candidatures sont attendus deux semaines avant les conventions éclatées prévues les 25 et 26 juillet, soit à trois mois de l’élection présidentielle. Quant à la date de la cérémonie d’investiture du candidat du PDCI-RDA, à Yamoussoukro la capitale politique, les responsables du parti la fixeront "ultérieurement".

MYA

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