Quand les télénovelas deviennent une stratégie marketing pour les salons de beauté à Abidjan (magazine)

A Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, les télénovelas battent le record d’audience dans les salons de coiffures féminins et permettent aux coiffeuses d’avoir plus de clientes.

"Telenovelas me permet d’avoir plus de clientes donc de me faire de l’argent mais aussi d’entretenir les relations avec elles", s’est réjoui Dame N’guessan Clarisse, propriétaire d’un salon de coiffure situé dans la commune de Cocody (quartier huppé d’Abidjan).

Dans le salon de coiffure de Dame Aicha Koné situé à Marcory (Sud d’Abidjan), le bruit de la télévision nous accueille au seuil de la porte. Sur l’écran plat 32 pouces accroché au mur,  est mentionné tout de suite "frères rivaux", un feuilleton turc. "Si ça ne dépendait que de moi, on n’aurait  pas d’écran dans ce salon. Mais comme le salon d’à côté a une télé et fait passer novelas tv, si je ne mets pas, les clientes vont partir chez ma voisine", a-t-elle confié.

Et à Yasmine Yapi, âgé de 25ans, une des clientes de Dame Aïcha de renchérir "Oui elle a raison, moi j’aime me tresser dans les salons où il y a novelas.  Comme ça, je ne rate pas mes feuilletons préférés comme "frères rivaux", "le triomphe de l’amour" et en même temps, je me fais belle. Je fais d’une pierre deux coups !"

A Koumassi (Sud d’Abidjan), Félicité Dago, propriétaire d’un salon de coiffure, nous dit pourquoi il n’y a que les novelas tv dans son salon "je ne regarde pas novelas puisque je tresse ; c’est pour mes clientes que je le fais parce  qu’elles aiment ça. Du coup, il faut mettre ce qu’elles veulent pour ne pas qu’elles soient pressées de repartir chez elles."

Dans ce salon, il n’y a pas que des clientes, des jeunes filles du quartier s’y rendent régulièrement pour regarder leurs feuilletons préférés. "Je suis venu combler un manque. Je ne peux pas m’empêcher de regarder ces films, peu importe l’histoire racontée", a déclaré Korothoum âgé de 18 ans.

"Je suis très  heureuse à chaque fois que je regarde ces feuilletons. Même si les histoires se ressemblent dans ces films, le plus important pour moi, c’est la manière dont chaque histoire est menée", a confié Grâce Coulibaly, une cliente de Dame N’guessan Clarisse avec un léger sourire.

A Abidjan, dans les maquis, les foyers, les salons de coiffures, les yeux sont rivés sur ces feuilletons diffusés en boucle. Ces feuilletons arrivent souvent à susciter des discussions autour des grands thèmes qui y sont traités comme le mensonge, l’argent, l’amour, la saga... Des thèmes et des questions qui touchent le quotidien de presque toutes les couches sociales peu importe leurs origines.

Jeanne Dina Kitoko

Articles similaires