Retrait des cartes nationales d’identité, chemin périlleux pour des requérants à Abidjan (REPORTAGE)

"Le rang est tellement long. Moi-même je suis arrêtée dehors parce qu’il n’y a plus de places pour s’asseoir", dit une jeune femme d’environ 25 ans à son interlocuteur au téléphone, visiblement épuisée par l’attente au foyer des jeunes de Marcory (sud d’Abidjan), lieu de retrait de sa nouvelle Carte nationale d’identité (CNI).

De l’intérieur du bâtiment jusqu’à environ 10 mètres du portail à l’extérieur, des centaines de personnes patientent dans une file, sous le soleil ardent pour le retrait de leurs CNI, après plusieurs mois d’attente pour certains.

Au foyer des jeunes Cheick Salah de Koumassi, la commune voisine, le décor est tout autre : en lieu et place des agents de l’Office nationale de l’état civil et de l’identification (ONECI), des chaises et tréteaux sont installés dans une ambiance festive, avec de la musique diffusée en fond sonore.

"Aujourd’hui il y a une réception de mariage ici donc les agents qui distribuent les CNI n’ont pas travaillé, vous pouvez repasser demain", explique Ismaël, jeune présent sur les lieux.

Un peu plus loin, à la mairie annexe de la commune, la file d’attente est moins longue avec à peine une centaine de personnes, mais la lenteur du service oblige les requérants à se rendre tôt dans le centre au risque de ne pas pouvoir être reçus.

"On n’a pas pu retirer notre pièce. On est arrivé ici vers 10h30 donc ils nous ont dit de repasser demain très tôt" confient Mariam et Noura d’un air découragé.

Par ailleurs, certaines personnes, à l’instar d’une dame d’environ 45 ans qui a souhaité gardé l’anonymat, se plaignent du fait que leur carte est introuvable en dépit du fait qu’elles ont reçu un SMS les invitant à se rendre dans leur centre pour le retrait.

"je suis venue retirer ma pièce parce qu’ils m’ont envoyé un SMS pour m’informer qu’elle est disponible. Mais ici, ils me disent qu’ils ne la retrouvent pas. Donc je retourne à la maison pour revenir une prochaine fois dans l’espoir qu’ils puissent la retrouver", déclare-t-elle.

A l’entrée du centre se trouve assis sur un banc, Martin l’un des agents de sécurité âgé d’environ 60 ans, qui déplore la longueur du temps que met l’établissement des CNI.

"Moi j’ai fait mon enrôlement ici depuis 2020. Selon ce qui est indiqué sur mon récépissé, ma carte devait être disponible depuis le mois d’août dernier. Hier je suis venu pour le retrait on me demande si j’ai reçu un SMS ; je ne comprends rien. Même mon fils s’est enrôlé depuis 2017, mais jusqu’à présent il n’a pas encore pu avoir sa pièce".

Suite au lancement de l’opération de distribution des nouvelles cartes nationales d’identité (CNI) par l’ONECI le 12 juin 2020, les ivoiriens ayant fait la demande ont été appelés à se rendre dans les différents centres pour retirer leur nouvelle carte.

 

Paterne KOFFI

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