Retrait du Cameroun de l’AGOA : "les raisons invoquées ne correspondent guère à la réalité des faits sur le terrain" (PP Gouvernement)

Les raisons invoquées par les États-Unis pour mettre fin à la désignation du Cameroun comme pays bénéficiaire de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act, AGOA) dès le 1er janvier 2020, "ne correspondent guère à la réalité des faits sur le terrain", a réagi lundi soir le porte-parole du gouvernement camerounais, René Sadi, lors d’un point de presse.

 

Le 31 octobre, le président américain Donald Trump a annoncé son intention de mettre fin aux avantages commerciaux du Cameroun à compter du 1er janvier 2020, "en raison de son implication dans les violations des droits de l’Homme."
"Nous sommes, en effet, fondés à dire que ces raisons invoquées pour justifier la décision envisagée des autorités américaines, ne correspondent guère à la réalité des faits sur le terrain. Elles procèdent à notre avis : - Soit d’une ignorance, ou d’une méconnaissance de la situation réelle, telle qu’elle a prévalu et prévaut encore dans le Nord-ouest et le Sud-ouest", a déclaré M. Sadi.
L’AGOA est une loi américaine votée et promulguée en mai 2000 par le Congrès américain. Lancée par Bill Clinton, elle permet aux pays de l’Afrique Subsaharienne d’exporter sur le marché américain environ 6.000 produits sans droit de douanes.
Pour en bénéficier, les pays doivent remplir des critères notamment le respect des droits de l'Homme, la bonne gouvernance, la protection des travailleurs et n'appliquer aucune interdiction douanière pour les produits américains sur leur territoire.
"Le gouvernement camerounais estime qu’autant l’éligibilité du Cameroun à l’AGOA procédait d’une décision souveraine du Gouvernement américain, autant l’éventuelle décision dudit Gouvernement de retirer au Cameroun le bénéfice des avantages de cette loi relève d’un acte de souveraineté que nul ne peut lui contester", a poursuivi le ministre de la Communication.
Depuis fin 2016, le Nord-ouest et Sud-ouest, traversent une crise sociopolitique. Débutée par des revendications corporatistes des avocats anglophones et des enseignants, pour protester contre certaines discriminations", elle s’est muée en conflit armé.
Le conflit a fait "plus 1.800 morts, 530.000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés", selon des statistiques des organisations humanitaires.
"Comment, d’un côté, accuser les Forces Camerounaises de Défense et de Sécurité, de violations des droits humains, et de l’autre, rester insensible et muet devant les atrocités innommables commises au quotidien par les groupes armés sécessionnistes" dans ces deux régions ? S’est-il interrogé.
"Le gouvernement entend une fois de plus apporter un démenti formel aux accusations portées contre les Forces armées camerounaises, et en appelle à plus de discernement de la part des autorités américaines, afin qu’elles reconsidèrent leur jugement excessif", a ajouté René Sadi, estimant que les forces de défense "font leur devoir et rien que leur devoir au service de leurs concitoyens."
"Nous estimons que, tout enjeu, si bénéfique soit-il, doit être et demeurer compatible avec nos précieux acquis que sont l’Unité, l’Intégrité et la Souveraineté de la Nation", a conclu Sadi qui a "réaffirmé tout l’intérêt et l’attachement" que le Cameroun "porte aux relations d’amitié et de coopération qu’entretiennent" les deux pays.

 

ABL

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