Yamoussoukro: Des habitants se plaignent de la flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché (REPORTAGE)

 

Quatre jours après la marche du 09 novembre, lancée par l’opposition via les réseaux sociaux, contre le 3e mandat du président Alassane Ouattara, Yamoussoukro, capitale politique ivoirienne connaît dès lors une flambée des prix au niveau  des denrées alimentaires  sur le marché.

 

Magasins, boutiques, supermarchés ouverts à Yamoussoukro (248 Km d’Abidjan), la vie reprend son cours suite aux manifestations des jeunes de la plateforme de l’opposition. Le grand marché de la ville refuse du monde.

"Ma chérie, il y a du bon poisson. Viens voir ma tantie !", lâche une commerçante de poisson  à mon endroit, qui insistait de la sorte au passage de toute personne devant sa table.

 

"Tout est cher, même le poisson. Tout à augmenter", confie une cinquantenaire, domiciliée au quartier 220 logements, ayant préféré garder l’anonymat, qui après avoir finir ses achats, s’empressait de prendre un véhicule pour rentrer chez elle.

 

 

Quant à Mme N’guessan, elle achète quelques légumes avant de se rendre à la boucherie pour s’approvisionner en viande de porc.

 

"Les denrées alimentaires sont devenus chers. L’oignon que je pouvais avoir à 200 FCFA est passé à 300 FCFA. La même chose pour le piment et la tomate. Vraiment, c’est difficile !", affirme dame N’guessan, fidèle cliente du grand marché de la ville, d’un air triste.

 

"Bla nian", lance une jeune fille, qui veut dire en langue locale c’est-à-dire le baoulé, viens voir.  Vêtue d’un débardeur et d’un pagne, cette  vendeuse de crabe en compagnie de sa collègue qui propose de l’attiéké, continuait d’appeler les clients. "La tantie, il faut venir, je vais t’arranger", ajoute-elle.

 

Non loin de l’entrée du marché, une habituée de l’espace confirme cette flambée en ce qui concerne   la banane plantain et les tubercules d’igname.

 

"Nous sommes en période de banane plantain mais l’augmentation des prix après les troubles, ne nous arrangent pas du tout. Ce qu’on pouvait avoir à 500 FCFA est passé à 1000 FCFA. C’est insupportable ! Quant à l’igname, c’est un casse-tête. Mais, qu’est ce qu’on peut y faire ?", souligne la jeune dame, qui a vivement  souhaité garder l’anonymat.

 

De passage au nouveau marché de la localité aux environs de 12H, Michèle N’guessan accompagnée de sa fille qui tenait le panier de la ménagère, nous explique qu’elle a dû changer son menu du jour.

 

"J’ai prévu acheter de la graine de palme dont  le kilo s’élève à 500 FCFA au lieu de 300 FCFA, avant les troubles mais j’ai été obligée de prendre de la pâte d’arachide ", affirme la jeune dame qui confie avoir mis du temps au marché pour avoir de quoi à nourrir sa famille, ajoutant que les commerçants se plaignent aussi de leurs fournisseurs qui leur livrent des marchandises à des prix exorbitants.

 

"Je ne peux pas diminuer le prix de mes articles. Par exemple, le Kilogramme d’igname me revenait à 150 FCFA mais aujourd’hui je l’ai à 250, souvent à 300 FCFA. Même si ça ne marche pas , je ne peux baisser les prix", précise  une commerçante d’igname, en  s'insurgeant contre les plaintes de la clientèle .

"Quand, c’est la saison de certains produits, on ne les voit pas, alors que c’est à ce moment qu’on peut les avoir à moindre coût", lance la commerçante du nouveau marché.

 

Selon des commerçants la flambée des prix s’explique par la situation sociopolitique du pays. En effet, avec la fermeture des corridors sud menant à Abidjan et nord à certaines villes comme Bouaké, Bouaflé, les articles se détériorent, les soumettant la plupart du temps à des pertes et dettes.

 

 

"On veut la paix, rien que la paix", souhaite une septuagénaire, vendeuse d’attiéké, assise devant sa table conversant avec sa collègue. Les deux dames estiment que les prix des denrées alimentaires grimpent de jour en jour à cause du manque de stabilité et de paix dans le pays.

 

Comme dans chaque situation de crise, à l’image de la crise postélectorale de 2010, les prix des denrées alimentaires augmentent. La demande étant forte, cela profite aux marchands en période électorale surtout l’élection présidentielle, émaillée de violences et d’insécurité, et favorisant la cherté de la vie.

 

 

Charlène ALLASSI

 

 

 

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