Cameroun/Convocation du corps électoral: "l’état des lieux qui a forcé les reports n’a pas évolué", estime l’opposante Sadio

La présidente de l’Alliance des forces progressistes (AFP, opposition) estime que "l’état des lieux qui a forcé les reports" des élections législatives et municipales, "n’a pas évolué", en réaction à la convocation du corps électoral.

 

"Convocation corps électoral : or, l’état des lieux (Nord-ouest, Sud-ouest et lois) ayant forcé aux reports n’a pas évolué", a écrit Mme Sadio, sur compte Facebook, précisant que l’AFP "concerte et avisera."

Dimanche, le président camerounais Paul Biya a signé un décret convoquant le corps électoral, en vue de la tenue des élections municipales et législatives le 9 février 2020, après deux reports.

Le 11 juillet 2018, les mandats des conseillers municipaux et celui des députés avaient été prorogés de 12 mois, en vue d’harmoniser la tenue du double scrutin législatif et municipal.

Le Social democratic front (SDF, parti de Fru Ndi) estime qu’il est "impossible d’organiser" les élections municipales et législatives dans les deux régions anglophones du Cameroun, en proie à une crise sécuritaire, dans "l’état actuel des choses".

Depuis fin 2016, le Nord-ouest et Sud-ouest, traversent une crise sociopolitique. Débutée par des revendications corporatistes des avocats anglophones et des enseignants, pour protester contre certaines discriminations", elle s’est muée en conflit armé.

"Le conflit a fait plus 1.800 morts, 530.000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés", selon des statistiques des organisations humanitaires

Du 30 septembre au 4 octobre, s’est tenu au Palais des Congrès de Yaoundé le Grand dialogue national dont le but était de trouver des solutions concertées aux problèmes du Cameroun, plus précisément à la crise qui secoue ces deux régions.

Au nombre des propositions faites par les huit commissions qui ont débattu pendant ces assises, figurent, "l’octroi d’un statut spécial aux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, la suppression du statut de délégué du gouvernement nommé prévu dans le cadre du régime spécial applicable à certaines agglomérations."

En marge du dialogue, le président Biya a pris la décision d’arrêter les poursuites devant les tribunaux militaires contre 333 personnes détenues dans le cadre cette crise.

Au terme des assises, certains opposants dont Maurice Kamto, arrivé deuxième à la présidentielle d’octobre 2018 et des sympathisants de son parti le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), interpellés à l’issue des manifestations pour protester contre les résultats des élections, ont bénéficié de la même mesure.

ABL

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