Côte d’Ivoire : Amadou Gon Coulibaly, un “grand serviteur de l’Etat’’ mort à la tâche (PORTRAIT)

Fidèle collaborateur de longue date du chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly (61 ans), est décédé mercredi à la tâche des suites d’un malaise, survenu lors d’un conseil des ministres, comme pour laisser jusqu’au bout et à la postérité l’image d’un technocrate, bourreau du travail.

La presse ivoirienne, toutes obédiences politiques confondues, dans sa livraison de jeudi, rendait d’ailleurs unanimement hommage à un “grand serviteur de l’Etat’’, qui a fait presque toutes ses classes politiques auprès de M. Ouattara, qui l’avait nommé Premier ministre en janvier 2017, après l’avoir promu d’abord secrétaire général de la présidence dès son accession au pouvoir en 2011.

Ingénieur des Travaux publics de formation,  Amadou Gon Coulibaly est né le 10 février 1959 à Abidjan.

Petit-fils du patriarche Péléforo Gon Coulibaly, l’un des fondateurs de la ville de Korhogo (nord ivoirien) en plein cœur du pays sénoufo, Amadou Gon Coulibaly, était marié et père de quatre enfants.

Il pouvait se targuer d’avoir eu une carrière politique et professionnelle respectable et un Curriculum vitae assez fourni.

Au sein de la fratrie Gon Coulibaly, l’une des plus grandes et connues en Côte d’Ivoire, de laquelle ont émergé des personnalités importantes du pays (ministres, hauts cadres ou hommes d’affaires), Amadou Gon Coulibaly, diplômé du centre des Hautes études de la Construction et ministre sans interruption d'octobre 2002 à décembre 2010, n’était pas le seul à s’être hissé sur les hauteurs du pouvoir politique.

Son frère aîné Lanciné Gon Coulibaly avait occupé entre 1993 et 1995 le poste de ministre de l’Environnement sous l’ex-chef de l’Etat Henri Konan Bédié.

Son cousin Amadou Coulibaly dit Am’s dirige les services de renseignements extérieurs à la présidence.  Ibrahim Coulibaly, son petit frère, appartient au Groupe de sécurité du président de la République.

Lors de l’élection présidentielle de 2010, son oncle Issa Malick Coulibaly avait été Directeur national de campagne de l’ancien président Laurent Gbagbo.

Lui, également occupait le même poste mais au profit du candidat Alassane Ouattara avec qui il travaillait déjà au début des années 90. Ainsi, de novembre 1990 à décembre 1993, il a occupé un poste de conseiller technique au sein du cabinet du Premier ministre d’alors, Alassane Ouattara.

Depuis, leurs chemins ne se sont plus vraiment séparés. Au départ de M. Ouattara de la Primature, il a quitté le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et crée avec d’autres cadres de l’ex-parti unique, le Rassemblement des républicains (RDR), dans lequel il a occupé divers postes de responsabilités au sein de la direction.

Son parti l’a proposé sans discontinuité comme ministre (de l’Agriculture) dans les différents gouvernements d’union nationale de 2002 à 2010.

Ce grand lecteur de romans et pratiquant de tennis de table avait été de tous les combats d’Alassane Ouattara depuis les heures chaudes dans l’opposition jusqu’à l’accession au pouvoir en avril 2011.

Ses talents de tribun et d’harangueur de foule avaient fait de lui, une personnalité respectée au sein du RDR. Pour son courage, sa poigne, sa pugnacité et sa témérité pendant les heures de braise militante dans l’opposition, il s’était vu attribuer le surnom de “Lion’’ par les militants de son parti.

Cependant, le maire de Korhogo était devenu un “Lion’’ à la santé fragile, depuis son opération du cœur en 2012 à Paris.

Ses détracteurs assuraient que derrière son apparence débonnaire, se cachait un homme d’un commerce difficile, craint dans l’entourage direct d’Alassane Ouattara en raison de son influence sur le Chef de l’Etat.

“Il avait un tel pouvoir et une telle influence à la présidence qu’il pouvait faire ou défaire des collaborateurs du chef de l’Etat’’, assure un habitué du palais présidentiel.

A Korhogo, sa ville d’origine, où il a été réélu député en 2016, certaines personnes disaient de lui qu’il était “suffisant’’, “hautain’’ et peu enclin à faire profiter les autres membres de la fratrie moins nantis que lui, de son ascension sociale.

Serge Alain KOFFI

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