L’ONU "condamne" le meurtre d’un humanitaire dans le Nord-ouest du Cameroun

La coordonnatrice humanitaire et Coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Cameroun, Allegra Baiocchi, a condamné dimanche le meurtre d’un humanitaire dans le Nord-ouest du Cameroun, l’une des deux régions en proie à une crise depuis plus de deux ans.

Mme Baiocchi qui a "condamné fermement" ce meurtre s’est dite "profondément attristée par la nouvelle de l'exécution horrible" de ce travailleur humanitaire.

Samedi, Pascal Ngwayi, de l’ONG locale COMINSUD, partenaire de l'ONU, a été enlevé puis tué par des hommes armés dans la division de Donga Mantung (Nord-Ouest), selon la coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Cameroun.

Au moment de son enlèvement, M. Ngwayi "effectuait une évaluation humanitaire pour s'assurer que les personnes dans le besoin recevaient un soutien opportun et approprié", poursuit-elle.

"Les humanitaires risquent tout pour pouvoir aider les plus nécessiteux. Ils doivent être respectés et protégés, pas ciblés", a signifié Allegra Baiocchi, précisant que "les attaques répétées contre" eux "ne font qu'aggraver les souffrances des civils, car nous ne pouvons mener des opérations en toute sécurité."

"Le ciblage délibéré de l'aide et des travailleurs humanitaires constitue un crime de guerre", a ajouté Mme Baiocchi, réitérant l’appel de l’ONU "à tous les acteurs armés pour assurer la protection des travailleurs humanitaires, respecter pleinement le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire et respecter les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’indépendance" ainsi que "d’impartialité."

Depuis fin 2016, ces deux régions traversent une crise sociopolitique. Débutée par des revendications corporatistes des avocats anglophones et des enseignants, pour protester contre certaines discriminations", elle s’est muée en conflit armé.

Les activistes manifestent en faveur de l'établissement d'un nouveau pays imaginaire, baptisé République d'Ambazonie, qui englobe le Nord-ouest et le Sud-ouest du Cameroun, des régions anglophones qui couvrent une superficie de 43.700 km².

Le conflit a fait "plus de 1.800 morts, 530.000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés", selon des statistiques de plusieurs organisations internationales.

 

ABL

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