Université Félix Houphët Boigny de Cocody/ inscription à l’école doctorale : "les frais sont trop élevés" estime le secrétaire général de la FESCI, Alla Saint Clair (INTERVIEW)

Les frais de scolarité à l’école doctorale sont "trop élevés", a déclaré Alla Saint clair, secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), affirmant que "la règle d’or des universités publiques c’est l’égalité et la gratuité", dans une interview avec Quoi de neuf.

 

Il y a un projet de création de l’école doctorale, et les frais d’inscription s’élèvent à 590 000Fcfa au lieu de 90 000Fcfa, que pensez-vous de cette augmentation ?

 

C’est un projet à deux volets, nous sommes dans un système LMD : licence master doctorat. Mais il se trouve que depuis 2012 dans nos universités, le D n’était pas encore appliqué, c’était l’ancien système. Aujourd’hui, les universités ont donc décidé de créer les écoles doctorales. Un projet qu’on a salué. Cependant les frais de scolarités sont trop élevés.

 

Pour vous, ce prix exorbitant n’est-il pas une manière indirecte d’écarter certaines personnes ?

Mais si, vous savez qu’ici c’est l’institution publique, c’est l’université pour tous. Or, la règle d’or des universités publiques ou des institutions publiques, c’est l’égalité et la gratuité. L’égalité parce qu’il faut pouvoir donner la chance aux personnes de toutes les couches sociales de pouvoir compétir. Et donc l’enfant du riche peut être ici au même titre que l’enfant du pauvre.

 

Le président de la République lors de son investiture a annoncé la suppression des frais du COGES, une annonce qui a réjoui plus d’un, et peu de temps après on nous parle de frais d’inscription à  l’école doctorale à 590 000Fcfa, quelle est votre position ?

Nous sommes dans un système mercantiliste. Aujourd’hui, la priorité de nos dirigeants, ce n’est pas l’école. Nous sommes dans un pays où on fait des ponts en moins de six mois alors que depuis 2011, les résidences universitaires ne sont pas encore réhabilitées. Plus de 300 000 étudiants aujourd’hui sont obligés de squatter tout au plus 10 000 lits. Les bourses octroyées aux étudiants n’ont pas évolué malgré l’augmentation des frais d’inscription qui étaient de 6 000 francs avant. Pendant que les frais d’inscription augmentent, les conditions sociales des étudiants n’évoluent pas. Les amphithéâtres sont les mêmes qui étaient là hier, les universités également. Il n’y a que "des projets" de constructions d’universités. On nous fait croire que la qualité est chère pourtant à l’université publique, la qualité de la formation ne doit pas être lié au coût de la formation. Les services de l’université ne doivent pas être payants. Pourtant ici, tout est payant. Même pour retirer un diplôme, la scolarité fait payer. Il y a donc un service privé dans le public.

 

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Adama Diawara a dit et je cite : "on préfère payer 500 000 francs pour Papou au préscolaire, au lieu de 30 000 francs pour un enfant qui a le Bac." Quel est votre opinion sur ses propos ?

Dans ce cas, il s’agit d’écoles privées. Mais là n’est pas le sujet. On parle de ceux pour qui l’université a été créée, de ce que la règle générale doit être prise de la partie la plus démunie. Pour favoriser l’égalité des chances on crée les conditions pour que tous les enfants, quel que soit le rang social du parent puisse avoir la même chance en terme d’apprentissage, de formation et d’éducation. Une telle sortie d’un ministre, c’est très grave. Aujourd’hui, nous avons demandé que tous les doctorants aient une bourse supérieure ou égale à un million parce que la recherche scientifique est faite pour solutionner les difficultés que connaissent le pays. C’est donc une démarche à encourager. Nous allons écrire au Chef de l’Etat pour lui dire que la réalité dans les universités publiques est que même à 20 000 francs CFA, c’est difficile pour un étudiant de s’inscrire et que le système LMD prévoit que les inscriptions soient fixées à 15 000 francs CFA. Les frais d’inscription sont subventionnés par le budget de l’Etat.

Nous avons demandé qu’il y ait des assises des universités de l’école en Côte d’Ivoire pour que tous les secteurs soient passés au peigne fin, pour que les apprenants et les maitres soient au même niveau d’information que les administrateurs. Mais ça tarde à se matérialiser puisque tout le monde est dans du faux. Depuis 2012, les étudiants n’ont pas eu de cartes d’étudiant alors qu’ils payaient les droits d’inscription qui comprennent les frais de carte d’étudiant. Le Directeur du service informatique (DSI), Dr Maïga doit aux étudiants 7 ans de montant de production des cartes d’étudiant et nous iront le réclamer bientôt. Au privé c’est encore pire.

 

Tous ces maux existent depuis des années. Pourquoi n’avez-vous pas décidé auparavant de lutter pour empêcher que la situation se dégrade jusqu’à ce point ?

Il vaut mieux faire un jour que ne jamais. Chez nous, le mandat est de deux ans et moi je suis à ma première année. Dans cette première année, nous avons pu permettre que dans les conseils des universités il y ait la présence des étudiants pour représenter l’ensemble des étudiants. Dans mon mandat il y a eu aussi l’ouverture des résidences universitaires des 220 logements et de Korhogo. Encore, ils sont en train d’achever la construction de la résidence universitaire de Man dans mon mandat, et ils nous ont fait la promesse que celles de Port-Bouet et de Williams ville seront octroyées aux étudiants le mois prochain. Enfin dans mon mandat, on vient d’ouvrir le deuxième restaurant de l’université. Nous luttons pour que les conditions sociales soient réunies pour permettre de bonnes études académiques.

 

Epiphanie GBOLIE

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